Lire les six métriques d'un backtest
Calculer espérance, profit factor, drawdown, recovery factor, Sharpe et Sortino ; interpréter leurs limites avec un exemple corrigé.
Lire les six métriques d'un backtest
Objectifs et conventions
Tu vas calculer six indicateurs et expliquer ce qu'ils ne mesurent pas. Utilise des résultats nets dans une seule devise, une période connue et une définition stable d'une opération complÚte. Une entrée avec trois sorties partielles ne doit pas devenir trois stratégies indépendantes. Le rapport MT5 définit plusieurs métriques usuelles ; vérifie leur convention avant de comparer deux outils. Source : rapport de test MetaTrader 5.
1. L'espérance observée
L'espĂ©rance observĂ©e par opĂ©ration est le rĂ©sultat net total divisĂ© par le nombre d'opĂ©rations. Elle peut aussi s'Ă©crire frĂ©quence de gain Ă gain moyen â frĂ©quence de perte Ă perte moyenne, en traitant les opĂ©rations nulles de maniĂšre cohĂ©rente.
Exemple hypothĂ©tique : douze opĂ©rations gagnent 15 ⏠chacune et huit perdent 15 ⏠chacune, coĂ»ts dĂ©jĂ inclus. Le rĂ©sultat total est 180 â 120 = 60 ⏠et la moyenne 60 / 20 = 3 âŹ. Le mot « observĂ©e » compte : ces vingt opĂ©rations n'Ă©tablissent pas une espĂ©rance future de 3 âŹ. Une seule perte supplĂ©mentaire de 60 ⏠ferait tomber le rĂ©sultat cumulĂ© Ă zĂ©ro.
2. Le profit factor
Le profit factor compare la somme des résultats positifs à la valeur absolue de la somme des résultats négatifs. Notre série donne 180 / 120 = 1,5. Il décrit le rapport historique entre gains et pertes, pas la régularité ni la taille du prochain drawdown.
Sans perte observĂ©e, le dĂ©nominateur est nul : indique « non dĂ©fini » plutĂŽt qu'un rĂ©sultat extraordinaire. Un profit factor Ă©levĂ© obtenu sur trois opĂ©rations ne doit pas ĂȘtre classĂ© automatiquement devant un historique plus long. VĂ©rifie aussi que les commissions ont Ă©tĂ© affectĂ©es aux opĂ©rations selon une convention documentĂ©e.
3. Le drawdown maximal
Le drawdown mesure le recul depuis un prĂ©cĂ©dent sommet de capital. Pour une Ă©quitĂ© de rĂ©fĂ©rence E, le recul relatif vaut (sommet prĂ©cĂ©dent â E) / sommet prĂ©cĂ©dent. Notre exemple fictif monte de 1 000 ⏠à 1 100 âŹ, baisse Ă 990 âŹ, puis termine Ă 1 060 âŹ. Le drawdown observĂ© est de 110 âŹ, soit 10 % du sommet de 1 100 âŹ.
Le solde reflÚte les opérations clÎturées ; l'équité inclut aussi le résultat latent. Un robot qui conserve ses pertes ouvertes peut montrer un solde rassurant et une équité trÚs dégradée. Précise la fréquence d'observation : un relevé quotidien peut manquer une chute intrajournaliÚre. Examine aussi la durée sous le précédent sommet, pas seulement la profondeur.
4. Le recovery factor
Avec la convention profit net / drawdown maximal monétaire, les 60 ⏠de profit et les 110 ⏠de recul donnent environ 0,55. Le ratio relie un gain cumulé à une baisse observée. Il dépend de la durée et du chemin suivi : comparer trois mois à cinq ans sans préciser la période est trompeur. Un drawdown nul rend là encore le ratio non défini.
5. Le ratio de Sharpe
Le Sharpe compare la moyenne des rendements excĂ©dentaires Ă leur Ă©cart-type. « ExcĂ©dentaire » signifie ici aprĂšs retrait d'un taux de rĂ©fĂ©rence sur la mĂȘme pĂ©riode. Prends des rendements rĂ©guliĂšrement espacĂ©s et une frĂ©quence explicitĂ©e, pas un mĂ©lange de rĂ©sultats en euros et de pourcentages.
Avec des rendements mensuels hypothĂ©tiques de +1 %, â1 %, +2 %, 0 %, un taux de rĂ©fĂ©rence nul et l'Ă©cart-type d'Ă©chantillon, la moyenne est 0,5 % et l'Ă©cart-type environ 1,291 %. Le Sharpe mensuel vaut donc 0,387. Quatre mois ne suffisent pas pour une estimation prĂ©cise. L'annualisation usuelle par racine du nombre de pĂ©riodes repose sur des hypothĂšses ; l'autocorrĂ©lation peut la rendre incorrecte. Source : Andrew Lo, The Statistics of Sharpe Ratios.
6. Le ratio de Sortino
Le Sortino rapporte un rendement au-dessus d'une cible Ă une mesure de variation dĂ©favorable. Pour cet exercice, fixe la cible mensuelle Ă zĂ©ro et dĂ©finis la dĂ©viation dĂ©favorable par racine(moyenne de min(rendement â cible, 0)ÂČ) sur tous les mois. Les quatre observations prĂ©cĂ©dentes donnent une dĂ©viation de 0,5 %, donc un Sortino de 1.
D'autres conventions existent, notamment sur le dénominateur. Inscris la tienne. Un ratio calculé sans aucune période sous la cible n'est pas une preuve d'absence de risque. Ici, les formules et la petite série servent à apprendre les calculs ; aucun seuil universel de qualité n'en découle.
Atelier MT5 : lire un résultat dans son contexte
Ouvre un rapport de test et recopie la période, le dépÎt initial, les instruments, les coûts, le nombre d'opérations et les six métriques disponibles. Si une métrique manque, note « non calculée ». Compare ensuite le graphique de solde à celui d'équité et cherche la plus longue période sans nouveau sommet. Examine les cinq pires opérations et le poids du meilleur gain dans le profit total.
L'erreur classique est de transformer les ratios en cases à cocher : « profit factor supérieur à X, donc déploiement ». Leur rÎle est de faire émerger des questions. Un profit concentré sur une seule date appelle une inspection différente d'une perte réguliÚrement causée par les frais.
Exercice corrigé
Deux historiques ont le mĂȘme profit net de 200 âŹ. A prĂ©sente un recul maximal de 100 âŹ, B de 400 âŹ. Calcule leur recovery factor. Peux-tu choisir A uniquement sur cette base ?
Correction : A vaut 2 et B vaut 0,5. A a connu un meilleur rapport gain/recul avec cette convention. La dĂ©cision exige encore des pĂ©riodes comparables, les coĂ»ts, l'Ă©quitĂ© latente, le nombre d'opĂ©rations, les conditions d'exĂ©cution et une validation hors Ă©chantillon. Un ratio dĂ©crit l'Ă©chantillon ; il ne remplace pas l'enquĂȘte.
Log in to track your progress.